Les robots ont-ils le sens de l’humour ? Quelques réflexions sur l’intelligence-artificielle et la parole
Une longue tradition philosophique définit l’être humain comme le vivant capable de parole. Or, les systèmes d’intelligence-artificielle les plus récents semblent s’être eux aussi arrogés le droit de parler, celui de traduire, de disserter, d’inventer des récits, voire celui de plaisanter. Des chercheurs ont même « fait le buzz » en présentant des systèmes capables de mentir sciemment pour parvenir à leurs fins. Faut-il voir là une vaste supercherie et ne les considérer que comme des « perroquets stochastiques », selon l’expression consacrée ? Les robots seront-ils à même un jour de comprendre pour de bon la teneur du monde ou sont-ils voués par nature à la simple imitation de l’existant ? Nous demandons « qui » sont ces systèmes d’intelligence-artificielle et ce qui leur manque pour un accès réel à la parole. À la croisée de la logique, de l’algorithmique et de la philosophie, nous demanderons à Turing de nous guider dans ces questions redoutables.
Nazim Fatès est chargé de recherche Inria à Nancy-Grand Est. Ingénieur de formation et diplômé en histoire et philosophie des sciences. Il travaille sur les systèmes complexes, les automates cellulaires et les systèmes multi-agents. Il s’intéresse à l’histoire de la cybernétique et aux questions posées par le développement sans cesse accéléré de l’intelligence artificielle.
Bernard Maitte est professeur émérite à l’Université de Lille
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