Individuation, (in)discernabilité et (in)égalités dans la « seconde révolution quantique »
Dans les années 1930, des chercheurs ne peuvent admettre que la mécanique quantique soit considérée comme une théorie achevée, alors qu’elle admet un principe d’indétermination qui fixe son
domaine de validité. Ils l’estiment incomplète : des « variables cachées » resteraient à découvrir. Parmi eux, Einstein, Podolsky et Rosen imaginent une « expérience par la pensée », le paradoxe EPR, destinée à restaurer un point de vue réaliste. En 1964, John Bell établit que, dans certaines conditions, les prédictions de la mécanique quantique et celles de la thèse réaliste se contredisent. Il fournit une quantification – les inégalités de Bell - qui doit permettre de choisir entre ces deux propositions. En 1982, Alain Aspect parvient à mener des expériences dans lesquelles les inégalités de Bell sont violées, violation démontrée dans un contexte plus général par le projet de science participative « Big Bell Test ». Ceci met fin à l’hypothèse des variables cachées : parmi les présupposés fondant le réalisme d’Einstein, il s’en trouve au moins un qui est illégitime.
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