L’archéologue et le dessinateur : problématiques et apports de la bande dessinée dans la communication en archéologie. Les sites du Néolithique final de Cambous (Viols-en-Laval, Hérault) et du Planet (Fayet, Aveyron)
Pourquoi et comment décide-t-on de passer par la fiction dessinée pour communiquer sur un site archéologique ? Cette question s’est posée après le constat de l’obsolescence du catalogue de visite du site de Cambous (Viols-en-Laval, Hérault) et de l’envie de l’actualiser via des manières de raconter différentes. Cet objectif s’est traduit par le choix de privilégier le média « BD ». Le recours à la fiction en Préhistoire ne nécessite pas forcément un appareil critique important dans la mesure où l’action peut primer sur la réalité des faits décrits. À l’inverse, communiquer sur un site dont on connaît les enjeux archéologiques répond à d’autres impératifs et impose un certain nombre de contraintes cependant que cela ouvre des possibilités à l’imagination à la fois des archéologues et des dessinateurs.
Cette part de créativité de chacun s’exprime dans la co-construction d’un scénario, qu’il s’agisse pour les archéologues de tester ou proposer des hypothèses de recherches, où être attentifs aux demandes du dessinateur (trice) (I ; Sénépart, L. Jallot,) et pour ce dernier(e) de répondre via ses propres critères et propositions aux attendus des chercheurs (J. Guillaume). Écrire un co-scenario nécessite donc un dialogue constant afin de répondre à des interrogations de tous ordre pour recréer un monde complet et cohérent à partir des découvertes effectuées sur le site (outillage, architecture, techniques, modes de vie, environnement,) sans obérer la part d’imagination (habillement, comportements, relations sociales voire ontologie et croyances). La reconstitution demande avant tout de faire un état des lieux des connaissances et d’y opérer des choix pour proposer une ou des hypothèse(s). C’est ainsi une démarche scientifique qui s’exprime artistiquement à travers un médium apte à augmenter significativement les connaissances de tous.
Cette démarche testée d’abord sur le site de Cambous, et qui a donné lieu à une première bande dessinée, est en cours pour le site du Planet. La communication visera à établir comment l’expérience acquise avec cette première publication sert maintenant à mieux cibler les objectifs de ce second projet, par deux des auteurs de la communication (J. Guillaume, M. Maillé).