Entre imagerie à haute résolution et expérimentation : questionnements et hypothèses sur l’artisanat de l’ambre à la Protohistoire
L’opportunité d’accéder à plusieurs artefacts en ambre conservés dans les collections de musées alsaciens (Musée Historique de Haguenau par exemple), ou provenant de fouilles récentes (parure en ambre de la sépulture en coffre hallstattienne de Colmar rue des Aulnes) a motivé la mise en commun de nouvelles approches destinées à comprendre la fabrication de ces objets et leur usage, mais aussi d’identifier la ou les sources de matière première. L’utilisation de différents instruments, comme le stéréo-microscope, et les prises de vue tomographiques, ont permis d’observer plus finement ces pièces « virtuellement » pour pouvoir les décrire de manière plus précise. Outre l’aspect scientifique strict, la modélisation des pièces permet également de partager avec le grand public une meilleure résolution de ces parures présentées derrière des vitrines. L’accès aux zones d’ombre comme l’intérieur des pièces, sous la forme d’un « moulage » virtuel, permet de visualiser plus concrètement ces objets. Le changement de focale a aussi permis d’échanger entre chercheurs et expérimentateurs de l’ambre, qui se sont à la fois inspirés d’objets archéologiques, mais aussi d’observations ethnologiques pour la réalisation de leurs outils et pour reproduire des parures en testant plusieurs possibilités de chaînes opératoires. Des hypothèses concernant l’emploi de plusieurs types d’outils perforants ou coupants sont d’ores et déjà proposées. L’interdisciplinarité a constitué le fil rouge de notre approche visant à recomposer le passé des gestes.