Reconstruire pour Comprendre : Comment les reconstitutions architecturales et paysagères révèlent la monumentalité et la perception des territoires dans le Néolithique du quart sud-ouest de la France (4500-3500 av. J.-C.)
À quelques exceptions près, la majorité des sites explorés par les archéologues n’ont plus d’élévations conservées. Ce constat relève presque du truisme. Ainsi, le monde archéologique, de plan et de coupe, s’appréhende essentiellement en deux dimensions. Sortir de ce cadre pour tenter de donner du volume aux découvertes constitue une prise de risque scientifique. Pourtant, au-delà de son intérêt pour la valorisation des découvertes auprès du grand public, l’exercice de la restitution graphique est un outil précieux de compréhension pour l’archéologue.
À travers une sélection d’exemples issus de fouilles préventives et programmées du quart sud-ouest de la France, nous montrerons que ce n’est souvent qu’en restituant les architectures documentées par l’archéologie, en les comparant à une échelle humaine et en les replaçant dans leur contexte paysager, que l’on peut véritablement saisir leurs dimensions et comprendre la manière dont elles marquaient leurs contemporains.
Les archéologues les plus chanceux travaillent sur les rares vestiges encore debout. Pour le Néolithique, il s’agit principalement des dolmens et des alignements de pierres dressées. La compréhension des élévations y est, en théorie, plus aisée. Pourtant, là encore, les écueils sont nombreux : érosion, disparition de certains éléments en matériaux périssables, modifications survenues au fil du temps, ou encore destruction partielle. La restitution graphique d’un monument dans l’un de ses états passés impose alors une réflexion approfondie sur le projet architectural initial et son évolution. Lorsqu’un projet de restauration est envisagé, l’enjeu devient d’autant plus crucial : que et jusqu’où restaurer ?