Des tombes, des stèles, des gènes : l’image du guerrier campaniforme
La découverte de petits gobelets similaires un peu partout en Europe dès le XIXe siècle avait marqué l’esprit des archéologues. Les contextes funéraires individuels dans certaines régions, parfois riches et présentant des armes (poignard et éléments d’archerie) ont amené à l’idée de tombes de guerrier. Plus tard la découverte de stèles anthropomorphes supposées masculines et armées présentant des décors proches de ceux de la céramique campaniforme puis la mise en évidence de supposées migrations massives contribuant à un très fort renouvellement du pool génétique des régions d’arrivée, ont contribué à renforcer ou confirmer cette idée de guerriers campaniformes. Il existe aujourd’hui des dizaines d’images du guerrier campaniforme à travers l’Europe, produites par les archéologues eux-mêmes, par les équipes des musées mais aussi par la presse, voire par le public lui-même par l’usage d’IA génératives d’images…
Comment se traduit graphiquement l’idée du guerrier campaniforme ? Quelle en est l’origine ? Comment a-t-elle évolué au cours des XXe et XXIe siècles dans les différentes régions concernées ? Quelles sont les parts respectives des découvertes funéraires, de l’iconographie des stèles et de la mobilité génétique dans cette construction ? Mais aussi, quelles sont les parts respectives des généticiens, des archéologues, des muséographes/médiateurs et des journalistes dans cette construction ? Et que faut-il en penser aujourd’hui ?
Finalement, quelles sont les autres images proposées pour illustrer le Campaniforme ? Vie quotidienne, activités particulières, métallurgie, hiérarchisation sociale, sur quoi sont-elles fondées ?